Cette décision ne se prend pas sur un coup de tête, vous vous en doutez, surtout quand vous avez un logement décent (pas un HLM), un boulot d’Assistante de Direction bilingue anglais dans un grand groupe pharmaceutique français, une voiture, un concubin blanc et que vous vivez dans un quartier pas très loin des quartiers chauds de la ville de Chatenay Malabry. D’ailleurs, vous croyez entendre de loin les sirènes de police mais vous vous dites calfeutrée derrière vos volets blancs, c’est là-bas, ca ne peut pas venir chez nous. Grosse désillusion, car là-bas c’est juste de l’autre coté de la grande rue et les balles peuvent la traverser allègrement qu’elles soient tirées par la Police ou les habitants.
En fait, moi, j’ai pris cette décision après un incident « mineur » mais qui a bouleversé le cours de ma vie. Un matin donc, je me rendais à Paris en transport en commun. Le bus arrivé à notre station était bondé et après quelques dizaines de minutes passées debout, je pouvais enfin m’asseoir. Je venais à peine de m’assoir confortablement quand monta une personne âgée. Assise environ au milieu du bus, je vis tous les visages se tourner vers l’extérieur ou s’enfoncer plus ou moins profondément dans leurs magazines. Alors je fis ce qu’une fille bien élevée de surcroît africaine respectueuse des traditions et des personnes âgées devait faire (je crois bien, même si je n’en suis plus convaincue…), je me levais de mon siège et fière la tête haute demanda minaudant presque à la grand-mère de venir s’asseoir. Je voulais ainsi montrer à ces « mal élevés » la bienséance que j’avais reçu en héritage. Mal m’en prit, car devant tout le monde avec une voix claire et stridente elle me dit : « je ne vous ai pas demandé de vous lever, mais de rentrer chez vous ! ». Elle s’installa à ma place toute fière et moi debout emmitouflée dans mon manteau, je cherchai désespérément une main secourable, une parole réconfortante tout en cherchant à m’agripper au poteau central du bus au risque d’aggraver mon malaise en tombant sur les autres passagers. Je suis convaincue que vous avez déjà au moins une fois dans votre vie vécu ce genre de situation où vous cherchez désespérément à disparaitre de la surface de la terre. Alors, je ne sais pas si c’est la honte qu’elle m’avait foutue ou le sourire goguenard des autres passagers m’exprimant que ce qui m’arrivait était bien mérité qui me convainc, mais toujours est-il que cet incident m’aida à prendre ma décision.
Les déclencheurs de retour sont multiples et variés, je compte donc sur vous pour enrichir ce blog en partageant vos expériences.
Mais dans cette attente, je suis certaine que vous devez avoir dans votre entourage « resté au pays » une cousine ou amie qui vient à Paris chaque trimestre passer quelques jours et faire des courses. Vous qui vous croyiez fashion victim, vous vous rendez compte qu’elle est griffée de la tête au pied, qu’elle porte le dernier sac d’un grand couturier alors qu’il vous faudrait plusieurs mois de privation et de travail (ménage, garde d’enfants, aide aux personnes âgées…) pour vous acheter le modèle de l’année dernière de ce même couturier.
Et quand vous lui demandez comment elle fait pour trouver l’argent qu’elle dépense aussi allègrement, elle vous explique que c’est son bébéchou douanier, entrepreneur ou politicien au pays qui la gâte comme cela. Il aime que je sois belle et digne de lui !
C’est à ce moment aussi que vous vous posez des questions, car pour vous point de bébéchou à Paris où vous vous cherchez, où quand un homme vous invite au restaurant vous devez partager la facture, et où vous devez payer des avances pour récupérer le tailleur que vous avez réservé depuis plusieurs mois déjà.
Bien sûr il y a Internet pour faire des rencontres, mais il semble souvent que les hommes « valables et valides » ne savent pas utiliser Internet. Bien entendu, il y a heureusement des exceptions pour confirmer la règle.
Si elle a pu trouver son « bébéchou », étant bien mieux roulée qu’elle, vous êtes convaincue de pouvoir aussi trouver le vôtre. Le retour s’impose donc, mais pas sans un repérage préalable. Evitez de compter sur votre amie !!!
1 commentaire:
c est une trés bonne initiative cela aidera ceux qui veulent quitter l eutope pour l afrique et vis versa dans leur prise de décision.longue vie a ce blog
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