lundi 10 octobre 2011

Quelques expériences… professionnelles


Bientôt oubliés les entretiens lors desquels, bien que vous ayez le meilleur score dans les tests de recrutement, on vous explique laconiquement « vous savez, ce n’est pas que vous n’êtes pas compétente, mais c’est que c’est la première fois et nous ne savons pas comment le client réagirait en vous voyant. » Un peu maso dans votre genre, vous demandez : c’est quoi la première fois ? et devant les réponses biaisées, vous rentrez chez vous. N’oublions pas non plus la réponse gênée d’un recruteur « je suis prête à vous prendre de suite, mais le recrutement étant fait pour un gars du Front National, ça ne va pas marcher ! » Alors, téméraire vous lancez sans grande conviction qu’il pourrait changer d’attitude en vous voyant, oubliant que la vision était le premier obstacle !.

Je venais donc à peine de débuter ma carrière d’assistante de direction, quand je me rendis à un test de recrutement à Paris. Du haut de mes 1,63m et de mes 60 kg, j’étais mignonne dans mon genre, enfin c’est ce que mes amis disaient. Arrivée au point de rendez-vous, je me retrouvai en « compétition » avec une autre candidate. Vous savez le genre de fille 1, 75m, 60kg, poitrine généreuse, des fesses galbés, cheveux au vent, teint basané, ongles longs soigneusement vernis, vêtue d’un parfum que je mis tout de même quelques années avant de pouvoir m’acheter, enfin pour aller plus vite : le fantasme des hommes sur des escarpins de 6 cm.
Certes elle était « noire », mais pas comme moi, pas comme vous mes sœurs. Je ne sais comment dire, elle était artificiellement belle. Elle n’avait absolument pas le physique de l’emploi parce que trop, trop, trop quoi ! «

La jalousie est un mauvais défaut, mais ça fait du bien de cracher un peu sur ces sœurs qui sont bien déloyales !. Je plaisante, vous êtes belles et restez-le tant que vous le pouvez.
Donc, bien entendu on m’expédia rapidement en me disant que l’on me rappellerait ; aussi je rentrai chez moi, pleurant toutes les larmes de mon corps devant ce énième échec. Le lendemain après-midi, j’étais bien enfoncée dans mes draps quand mon téléphone sonna. Je bondis sur le téléphone, éclaircis ma voix pour ne pas montrer que je dormais dépitée encore à 14 h quand la question tant attendue vint : Mlle, c’est pour savoir si vous êtes toujours libre et si vous pouvez commencer dès demain ! Une joie immense vous envahit même si vous brûlez d’envie de demander ce qui vous valait l’honneur d’un tel appel ??! Le lendemain, on vous explique que la Top Model s’est désistée, non pas en votre faveur, ne rêvons pas, mais parce qu’elle ne supportait pas l’exigüité du bureau qui lui était destiné même si l’employeur lui a décrit avec force détails le prochain bureau qui sera le sien… dans le nouveau bâtiment afin qu’elle veuille bien étudier l’offre.
Moi, j’étais très contente de cette situation car je venais d’avoir mon premier emploi. Comme quoi, il ne suffit pas d’être un Top Model pour trouver un emploi.

J’eu l’occasion de prendre ma revanche après sur tous ceux qui ne supportaient pas ma vue. Alors, devenue officiellement Assistante de Direction d’une agence de Marketing à Paris, mon bureau était installé juste en face des escaliers me permettant « d’accueillir » tous les arrivants.

Donc, confortablement installée dans mon bureau « secrétarial », je vis arriver un visiteur. Bien mis, une mallette lourde d’un côté et des documents d’un autre. Alors, comme je l’avais si bien appris, je lançais à la volée mon bonjour d’hôtesse de l’air. Je ne reçus aucune réponse, en tout cas pas assez audible pour mes petites oreilles. Je lançais un nouveau bonjour un peu plus appuyé qui subit le même sort. Le visiteur m’ignora royalement et se dirigea vers l’un des bureaux où se trouvait mes collègues. J’entendis alors que mon visiteur n’était pas aphone et que mes collègues lui demandaient d’aller s’adresser au secrétariat, vers votre chérie, moi, moi.

Je vis donc arriver dans mon bureau un homme bien déconfit. Je pris alors mon air pas angélique du tout pour lui réitérer mes salutations et lui rappeler avec un sourire moqueur le peu de cas qu’il fit de moi quelques minutes auparavant. Il me répondit avec une voix à peine audible qu’il n’avait pas entendu mes salutations et s’en excusait. J’acceptai magnanime ses excuses tout en lui expliquant avec forces détails ma double casquette de chargée des achats et assistante de direction, puis lui demandai la raison de sa visite dans nos locaux.

Il m’expliqua qu’il était le représentant d'une société commercialisant certains articles qui pouvaient nous intéresser. Il sortit alors quelques catalogues que je feuilletai avec un œil d’experte tout en demandant qu’il sorte la totalité des catalogues de son sac. Une fois sa mallette vidée et les catalogues parcourues au bout d’une demi-heure, je lui signifiai que malheureusement nous avions déjà un fournisseur et que nous allions lui faire appel en cas de besoin. Il remballa les bras lourds ses catalogues et je le raccompagnai prestement, sur le pas de la porte tout en lui souhaitant de le revoir très très très bientôt.

Je sais, je sais. Ce n’est pas gentil!!!

Mon plus beau compliment

Toujours dans le même registre, la société de marketing faisait la conception de PLV et autres supports publicitaires. Un matin, je me rendis dans le bureau du Directeur de création en grande discussion avec son fils étudiant dans une grande école de Commerce de la place. Après avoir déposé le café qu’il m’avait commandé, mon regard fut attiré par la PLV. Il y avait une faute d’orthographe dans le texte. Aussi, toujours aussi serviable et moqueuse, je m’empressais de lui signifier en ces mots : « Chef, Chef, il y a une faute dans le texte !»
Il me regarda goguenard et irrité, regarda son fils en quête de démenti qui lui dit tout en opinant du chef : « Ah oui Papa, elle a raison il y a une faute dans ton texte. »

Alors, je vis le père devenir rouge vermillon et qui me lança d’un ton voulu mauvais « Si c’est pas malheureux que cela soit une négresse qui vienne m’apprendre le français ?!. Ce fut pour moi le plus beau compliment que j’ai jamais reçu de la part d’un employeur. Comprenne qui pourra !

J’étais ceci dit très heureuse de rentrer à la maison raconter mon expérience à mon Gillou qui lui, devint vermillon de rires et me demanda d’être moins provocatrice. J’ai suivi ses conseils... pendant quelques jours.

Merci mon pépère.

Nous verrons la semaine prochaine quelques expériences de recherche de logement.

vendredi 7 octobre 2011

La décision de retour

Cette décision ne se prend pas sur un coup de tête, vous vous en doutez, surtout quand vous avez un logement décent (pas un HLM), un boulot d’Assistante de Direction bilingue anglais dans un grand groupe pharmaceutique français, une voiture, un concubin blanc et que vous vivez dans un quartier pas très loin des quartiers chauds de la ville de Chatenay Malabry. D’ailleurs, vous croyez entendre de loin les sirènes de police mais vous vous dites calfeutrée derrière vos volets blancs, c’est là-bas, ca ne peut pas venir chez nous. Grosse désillusion, car là-bas c’est juste de l’autre coté de la grande rue et les balles peuvent la traverser allègrement qu’elles soient tirées par la Police ou les habitants.
En fait, moi, j’ai pris cette décision après un incident « mineur » mais qui a bouleversé le cours de ma vie. Un matin donc, je me rendais à Paris en transport en commun. Le bus arrivé à notre station était bondé et après quelques dizaines de minutes passées debout, je pouvais enfin m’asseoir. Je venais à peine de m’assoir confortablement quand monta une personne âgée. Assise environ au milieu du bus, je vis tous les visages se tourner vers l’extérieur ou s’enfoncer plus ou moins profondément dans leurs magazines. Alors je fis ce qu’une fille bien élevée de surcroît africaine respectueuse des traditions et des personnes âgées devait faire (je crois bien,  même si je n’en suis plus convaincue…), je me levais de mon siège et fière la tête haute demanda minaudant presque à la grand-mère de venir s’asseoir. Je voulais ainsi montrer à ces « mal élevés »  la bienséance que j’avais reçu en héritage. Mal m’en prit, car devant tout le monde avec une voix claire et stridente elle me dit : « je ne vous ai pas demandé de vous lever, mais de rentrer chez vous ! ». Elle s’installa à ma place toute fière et moi debout emmitouflée dans mon manteau, je cherchai désespérément une main secourable, une parole réconfortante tout en cherchant à m’agripper au poteau central du bus au risque d’aggraver mon malaise en tombant sur les autres passagers. Je suis convaincue que vous avez déjà au moins une fois dans votre vie vécu ce genre de situation où vous cherchez désespérément à disparaitre de la surface de la terre. Alors, je ne sais pas si c’est la honte qu’elle m’avait foutue ou le sourire goguenard des autres passagers m’exprimant que ce qui m’arrivait était bien mérité qui me convainc, mais toujours est-il que cet incident m’aida à prendre ma décision.
Les déclencheurs de retour sont multiples et variés, je compte donc sur vous pour enrichir ce blog en partageant vos expériences.
Mais dans cette attente, je suis certaine que vous devez avoir dans votre entourage « resté au pays » une cousine ou amie qui vient à Paris chaque trimestre passer quelques jours et faire des courses. Vous qui vous croyiez fashion victim, vous vous rendez compte qu’elle est griffée de la tête au pied, qu’elle porte le dernier sac d’un grand couturier alors qu’il vous faudrait plusieurs mois de privation et de travail (ménage, garde d’enfants, aide aux personnes âgées…) pour vous acheter le modèle de l’année dernière de ce même couturier.
Et quand vous lui demandez comment elle fait pour trouver l’argent qu’elle dépense aussi allègrement, elle vous explique que c’est son bébéchou douanier, entrepreneur ou politicien au pays qui la gâte comme cela. Il aime que je sois belle et digne de lui !
C’est à ce moment aussi que vous vous posez des questions, car pour vous point de bébéchou à Paris où vous vous cherchez, où quand un homme vous invite au restaurant vous devez partager la facture, et où vous devez payer des avances pour récupérer le tailleur que vous avez réservé depuis plusieurs mois déjà.
Bien sûr il y a Internet pour faire des rencontres, mais il semble souvent que les hommes « valables et valides » ne savent pas utiliser Internet. Bien entendu, il y a heureusement des exceptions pour confirmer la règle.
Si elle a pu trouver son « bébéchou », étant bien mieux roulée qu’elle, vous êtes convaincue de pouvoir aussi trouver le vôtre. Le retour s’impose donc, mais pas sans un repérage préalable. Evitez de compter sur votre amie !!!